L'extraordinaire voyage
du lutin

 « Il y a bien longtemps, si longtemps que notre mĂ©moire en a perdu la trace, les nombreux peuples de l’Ether avaient des contacts avec les Humains. Â»
[ Anne Givaudan, médium ]

La Vie est le plus beau des contes de fées.




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     1 - Le dĂ©sespoir d'AmĂ©lie
     2 - L'elfe devient un petit garçon
     3 - L'agression d'AmĂ©lie
     4 - Le gĂ©ant retrouve AmĂ©lie
     5 - Le lutin aimerait aider la jeune fille
     6 - AmĂ©lie croise le vagabond
     7 - Le voyage du lutin
     8 - L'homme-lion est renvoyĂ©
     9 - Le lutin dĂ©crit son voyage Ă  AmĂ©lie
     10 - Incident avec le notaire
     11 - Les gendarmes retrouvent le lutin
     12 - L'adieu du lutin
     13 - Rencontre avec l'Ange
     14 - La terrible Ă©preuve d'AmĂ©lie
     15 - Rencontre avec le vagabond et le gĂ©ant





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ous sommes en Europe centrale, au pied des Carpates. Dans le bois des Quatre Routes, proche de la petite ville de Bloch, vit un elfe.

 Un elfe est un esprit non manifestĂ© – c'est-Ă -dire privĂ© de corps – qui papillonne entre terre et Ciel. On voit parfois voleter ces petites flammèches au dessus des marais, Ă  approche d’un orage ou d’un grave Ă©vènement.



  Vivant seul, notre elfe va souvent traĂ®ner près des humains. Il aime les voir travailler ensemble, construire de beaux bâtiments, s'entraider lors des foins, Ă©lever leurs enfants...

 Un soir, par une fenĂŞtre ouverte il entend des gĂ©missements Ă©touffĂ©s. En s'approchant, il constate qu'ils proviennent d’une jeune fille.

 « Qu'elle est belle, songe-t-il. Mais... pourquoi pleure-t-elle ?

 De l'âme en Ă©moi de la jeune fille s'Ă©chappent d'Ă©tranges turbulences. Ce sont ses pensĂ©es.

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 « VoilĂ  Isa ! Comme je l'envie. Anatole l'aime, ils sortent, ils s'amusent. Et moi, je suis lĂ , toute seule...

 L'elfe comprend qu’elle aime ce garçon, mais elle n’ose pas le lui avouer.

 « Enfin pourquoi ?? Elle est si jolie !

 Quand soudain elle se met Ă  arpenter la pièce, il comprend. Tel un oiseau blessĂ©, elle traĂ®ne une jambe dĂ©bile.

 L’elfe s’en retourne Ă  ses bois, perturbĂ©.

 « Eh bien chez les humains, mieux vaut pas ĂŞtre diffĂ©rent des autres !

 Le lendemain et les jours suivants, il l'observe. Elle gagne sa vie en travaillant quelques jours par semaine chez maĂ®tre Maillard, le notaire de la ville. La jeune fille recopie les actes et gère ses rendez-vous. Elle entretient Ă©galement ses plantes et le jardinet attenant Ă  l'Ă©tude.

  Un matin, tandis qu'il volette devant sa fenĂŞtre, notre elfe s’étonne de voir la jeune fille se diriger vers lui. Non... C’est vers le vide qu'elle se dirige !  Et voici qu'elle enjambe le garde-corps ! Alors qu'il s'avance pour l'en empĂŞcher, leurs regards se croisent. Elle s'immobilise avec un cri de surprise et se rĂ©fugie prĂ©cipitamment dans la pièce.

 L’elfe aussi a sursautĂ©.

 « Quoi, elle m’a vu !?  Â»

 Pourtant, depuis le temps qu'il croise les gens et mĂŞme qu'il les traverse, il sait bien que personne ne peut le voir ! L’émoi ressenti en la voyant se pencher au dessus du vide l’aurait-il rendu visible ? Mais quelque chose de plus immĂ©diat l'interpelle.

 « Elle a voulu sauter ! Elle a voulu mettre fin Ă  ses jours !

 « Je dois l’aider !  Mais comment ?  
se demande-t-il en filant au milieu des ménagères qui se rendent au marché.


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